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Lock-in syndrome : communiquer avec le souffle

Des neurobiologistes israéliens ont mis au point un système convertissant la pression nasale en signal électrique. Des sujets tétraplégiques peuvent jouer à un jeu vidéo, commander leur fauteuil roulant et surtout écrire.

RÉPONDRE par oui ou par non en clignant des yeux. Pour les sujets ayant un lock-in syndrome, en dépit de facultés cognitives intactes, communiquer est le plus souvent restreint à un champ très étroit. Des scientifiques israéliens, de l’institut Weizmann de Rehovot et de la faculté de médecine de Sackler à Tel-Aviv, ont développé un nouveau dispositif permettant aux sujets ayant une paralysie complète de piloter leur fauteuil roulant et surtout d’écrire. Le système consiste à convertir en signal électrique la pression nasale exercée par la respiration. En effet, alors que la respiration par le nez fait appel au voile du palais, contrôlé par les nerfs crâniens, ceux-ci sont « conservés même après une blessure grave », explique le Pr Noam Sobel, l’un des principaux auteurs de l’étude.

Aussi discret que de l’O2 nasal.

À première vue, le système sur le visage ressemble à s’y tromper aux tubulures utilisées pour l’oxygénothérapie nasale. Un petit capteur de pression est simplement placé au niveau des narines. L’information est transformée en signal électrique qui est transmis à un ordinateur via une connection USB. Ensuite, pour écrire, une interface simple permet de sélectionner une lettre une fois illuminée, une autre plus sophistiquée de choisir la direction du curseur sur un tableau. Pour la commande du fauteuil roulant, un système de sécurité consistant à doubler la commande (« deux souffles consécutifs ») a été introduit pour éviter les dérapages involontaires dus à des respirations « réflexes ».

Si les 96 sujets témoins ont été en mesure d’écrire sans difficulté à l’aide de l’appareil, les 15 patients tétraplégiques de l’étude l’ont été tout autant. Pour l’une d’entre elles, néanmoins, une rééducation de trois semaines pour réapprendre à renifler a été nécessaire avant de maîtriser l’appareil. La vitesse d’écriture est de l’ordre de 1,5 à 3 lettres par minute, ce qui peut paraître long et frustrant aux yeux des observateurs sains, mais semble tout à fait acceptable pour des individus coupés du monde jusqu’alors. À titre de comparaison, les auteurs rappellent que Jean-Dominique Bauby a écrit un livre entier « le Scaphandre et le Papillon », à raison de 1 mot toutes les 2 minutes en clignant des yeux.

› Dr IRÈNE DROGOU

« PNAS », publication en ligne du 27 juillet 2010. www.pnas.org/cgi/doi/10.1073....

Quotimed.com, le 27/07/2010

Publié le mardi 27 juillet 2010



 

Date de la dernière mise à jour :
mardi 7 février 2012

 

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