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En 24 ans, deux fois plus de pertes auditives chez les ados

C’est avant tout une confirmation de poids qu’apporte un travail américain sur la perte d’audition due à l’utilisation des baladeurs de tous les styles, écoutés trop fort et trop longtemps. Une preuve forte parce que l’étude a pu analyser la modification de l’audiogramme des jeunes filles de 16 ans sur une période de 24 ans. Il s’agissait d’adolescentes intégrant une résidence, dans laquelle le bilan médical d’entrée comportait une audiométrie.

L’ANALYSE des 8 710 audiogrammes a été réalisée par un professeur d’audiologie new-yorkais, Abbey Berg, et son équipe. Ces spécialistes constatent d’emblée que, entre 1985 et 2008, le déclin auditif sur les fréquences élevées, dû en général à une exposition à des bruits élevés, a pratiquement doublé passant de 10,1 à 19,2 %.

En pratique, ce n’est qu’à partir de 2001 qu’a été posée la question sur l’utilisation d’un baladeur. Entre cette année et celle de la fin de l’étude, 2008, leur utilisation a quadruplé. Au début, elles étaient 18,3 % à déclarer écouter de la musique au casque, 7 ans plus tard, elles étaient 76,4 %. Au cours de cette courte période, le taux de jeunes filles atteintes de perte des fréquences auditives élevées est passé de 12,4 à 19,2 %. Dans le même temps, elles étaient trois fois plus nombreuses, de 4,6 à 12,5 %, à se plaindre de divers types d’acouphènes (sonneries, sifflements…).

En comparant les utilisatrices et les non-utilisatrices de baladeurs, il est apparu que les premières avaient un risque de perte auditive majoré de 80 % par rapport aux secondes. Quant aux acouphènes, 99,7 % de celles qui s’en plaignaient écoutaient de la musique au casque.

Les auteurs admettent un biais possible à leur travail. Le fait qu’une association existe ne veut pas dire relation de cause à effet. En effet, l’institution dans laquelle a été réalisée l’étude recrute des jeunes filles issues de milieux défavorisés. Et donc la pauvreté dans laquelle elles vivent avec sa pollution, la consommation de drogues, voire ses comportements à risque peut influer sur leur audition. Toutefois, les auteurs, pas plus qu’un commentateur de l’étude, Brian Fligor, audiologiste pédiatrique à Boston, ne semblent y croire fortement.

Ce dernier admet que l’atteinte audiométrique constatée est encore discrète à cet âge. Mais il précise qu’elle se rapproche déjà de celle d’une presbyacousie débutante, révélant donc un vieillissement prématuré de l’audition. Ajoutant que cette perte auditive est totalement évitable.

Il ne s’agit pas de diaboliser le baladeur (qu’il soit à cassette, CD ou mp3), mais il faudrait délivrer une information dès le jeune âge, tout particulièrement auprès des jeunes défavorisés. Le message devrait porter sur un usage modéré, à un niveau conversationnel, voire légèrement plus élevé. Les problèmes, conclut Abbey Berg, surviennent quand l’audition est surmenée.

› Dr GUY BENZADON

« J Ado Health », édition en ligne, 31 août 2010.

Quotimed.com, le 01/09/2010

Publié le jeudi 2 septembre 2010



 

Date de la dernière mise à jour :
mardi 7 février 2012

 

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